Alison DES FORGES tape sur la table.
Mardi 02/10/07
Justice à la Burundaise, après le massacre de Muyinga.
31 civils ont été massacrés entre juillet et août 2006, dans la province de Muyinga (au nord du Burundi). Ils étaient accusés d’etre des partisans du dernier mouvement encore en guerre au Burundi, le FNL-PALIPEHUTU. Jusqu’ici, le gouvernement Burundais n’a pas encore traduit en justice les soldats accusés de les avoir assassinés, vient de déclarer Human Rights Watch.
« Les auteurs du massacre de Muyinga ne devraient pas être protégés par des manœuvres visant à retarder le processus », a déclaré Alison Des Forges, conseillère principale à
la Division Afrique de Human Rights Watch. « Nous craignons que d’autres autorités civiles et militaires aient empêché les autorités judiciaires de donner suite aux preuves dignes de foi réunies contre des officiers de haut rang. »
Seuls deux soldats et un agent de renseignement soupçonnés d’avoir commis ce meurtre, ont été arrêtés en septembre 2006. Une commission judiciaire a émis des mandats d’arrêt à l’encontre de cinq autres suspects, dont le commandant de
la Quatrième région militaire, le Colonel Vital BANGIRINAMA, mais ces mandats n’ont jamais été exécutés.
Pour rappel, les responsables administratifs, dont le gouverneur de Muyinga, avaient nié que ces meurtres aient eu lieu. Ces 31 civils ont été tués ou ont « disparu » alors qu’ils se trouvaient en garde à vue dans la province de Muyinga. Leurs corps ont été retrouvés dans la rivière RUVUBU.
Il vient d’être reporté que cet ex-commandant de
la Quatrième région militaire, le Colonel Vital BANGIRINAMA, est en fuite vers
la Tanzanie, avec un appui de 30 millions de Francs Burundais, soit 30 000 US Dollars, comme « cadeaux ».
Et un des leaders en droits de l’homme, Pierre Claver MBONIMPA, un de ces Burundais qui ont dénoncé cette barbarie humaine, il vient de recevoir le « Prix Martin ENNALS 2007»ce 1er Octobre 2007
Après des mois d’inaction, le Ministre de
la Justice a mis en place une autre commission judiciaire en février 2007, mais ses conclusions n’ont pas été rendues publiques. En mai, l’avocat général a relaxé l’agent du renseignement, en disant qu’il n’y avait pas eu de civils parmi les victimes, contredisant ainsi les témoignages oculaires. Il a transféré l’affaire au système judiciaire militaire.
Lors d’une réunion avec des bailleurs de fonds en mai 2007, le gouvernement burundais a été incité à agir dans cette affaire, mais il ne l’a pas encore fait.
Jacqueline KANEZA